Umbral #1, la review

Umbral Comic Talk Review

Jeffzewanderer Par

Comme chaque mois, Image a lancé en novembre son lot de nouvelles séries. Et parmi celles-ci, on trouve Umbral, représentante d’un genre au final relativement rare en comics : la fantasy. Réalisée par Anthony Johnston au scénario et Christopher Mitten au dessin (duo déjà responsable de Wasteland), cette série affiche de belles ambitions.

And heavy is the arm that holds the staff

A la lecture de ce premier numéro, le lecteur pourra avoir envie de s’arrêter au classicisme de la construction du récit. En effet Anthony Johnston semble parfois passer en revue les figures imposées du genre. On a une jeune héroïne orpheline nommée Rascal, voleuse de son état, et amie improbable du Prince Arthir, fils des monarques locaux (et magicien très amateur).

On a aussi une artefact magique aux pouvoirs mystérieux mais apparemment colossaux, l’Oculus, entouré de tout un rituel qui, tiens tiens, doit justement être exécuté au début du récit, à l’occasion d’une éclipse. Et notre duo va bien sûr essayer de traficoter ledit artefact, par curiosité. On a aussi l’indispensable invasion de créatures maléfiques et ténébreuses quand tout part immanquablement en cacahouète. Et cerise sur le gâteau, on a même  le vieux voleur apparemment bienveillant qui sert de mentor à Rascal.

Bref, comme je vous le disais, tout est là. Mais ce classicisme n’est au final absolument pas gênant pour qui ne cherche pas l’originalité à tout prix. Car Umbral #1 est aussi et surtout très bien écrit. Le scénariste trouve le bon équilibre entre mise en place de son univers et déroulement des péripéties, et les choses vont même plutôt vite dans ce premier numéro. On est très loin d’une narration décompressée.

Umbral Comic Talk Review

The part where I fell into the Umbral and couldn’t get out

On appréciera aussi les dialogues, vifs, modernes et savoureux sans non plus donner dans le juron toutes les deux bulles. Rascal est à ce titre particulièrement gâtée, ce qui la rend très attachante (et c’est tant mieux vu que c’est clairement elle l’héroïne qu’on va suivre).

Anthony Johnston réussit aussi plutôt bien la construction de son univers. Au-delà de la traditionnelle carte du monde, qui fait toujours plaisir à voir, on sent une réelle profondeur dudit univers derrière le peu qu’on nous en dévoile.

Mais ce qui achève de séduire le lecteur (moi en tous cas), c’est le dessin de Christopher Mitten. La série a une vraie patte graphique, dans un style qu’il n’est pas toujours aisé de maîtriser. L’artiste donne en effet dans le genre « gritty », des dessins faussement laids, râpeux, avec un trait irrégulier et un encrage brutal. Un peu dans la lignée de ce qu’on a pu voir chez Dark Horse sur des séries comme Amala’s Blade ou Akaneiro.

Mal fait ça peut être hideux. Mais là c’est superbement réussi, et ça donne un cachet à la série. On peut quasiment sentir physiquement la texture du dessin, son grain. Et les designs, si importants, sont uniformément réussis, qu’il s’agisse de Rascal, des monstres (splendides dans un registre simple mais redoutablement efficace) ou des décors si essentiels pour créer un univers attirant. La palette de couleurs choisie, dans les tons violets et rouges, achève de donner un ton à la fois éthéré et menaçant à l’ensemble.

Umbral Comic Talk Review

LE BILAN : Umbral #1 donne dans le classique, et même le déjà-vu diront les mauvaises langues. Mais si les recettes utilisées sont en effet connues, elles n’en restent pas moins très bien appliquées. Le résultat est une vraie bonne histoire de fantasy, avec une héroïne attachante et un univers intéressant. Le tout sublimé par un dessin qui a du cachet à revendre, conférant une réelle identité à la série malgré son classicisme.

LA NOTE : 4/5

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