Velvet #1, la review

Velvet Comic Talk Review

Jeffzewanderer Par

Brubaker. Epting. Espionnage. Trois mots qui devraient suffire à convaincre n’importe qui de se jeter sur Velvet #1, publié par Image. Mais histoire d’éviter que cette première review de l’histoire du site Comic Talk ne soit aussi la plus courte, prenons quand même le temps de scruter avec plus d’attention le nouveau bijou duo qui fit les grandes heures de Captain America.

Velvet Underground

Velvet est donc un thriller d’espionnage se déroulant pendant la guerre froide, en 1973 pour être précis. Tout commence par la mort d’un agent de l’organisation ultra secrète X-Ops, à Paris. Un meurtre qui n’est en fait que la première étape d’une intrigue ambitieuse que je me refuse à dévoiler plus avant.

Alors à défaut de l’intrigue, évoquons plutôt l’héroïne, Velvet Templeton. Elle est la secrétaire du directeur Manning, grand patron de l’agence X-Ops. Ben, oui, juste la secrétaire… Et là encore impossible d’en dire plus sans déflorer le suspens. Peut-être peut-on seulement souligner le soin apporté à la psychologie du personnage, à peine dévoilée, mais dont on devine déjà la richesse.

Bref, vous l’aurez compris, il n’est pas aisé de parler de Velvet #1, tant les révélations et rebondissements qui jalonnent ce premier numéro participent au plaisir de lecture. Mais on peut par contre parler de la qualité de l’écriture. Les tiroirs cachés dans les tiroirs sont indissociables de toute histoire d’espionnage, et Ed Brubaker s’acquitte de cette figure imposée avec maestria.

Le rythme de l’intrigue est parfaitement géré, tenant le lecteur en haleine de bout en bout, distillant soigneusement les fameuses révélations. L’auteur jongle entre les vraies surprises et la confirmation opportune de ce qu’on avait déjà deviné ou subodoré (mais sans jamais trop attendre, ce qui évite au lecteur l’impression d’être pris pour un idiot). Le tout jusqu’à parvenir à un final percutant et éminemment satisfaisant qui ne donne qu’une envie : se jeter sur le prochain numéro.

Velvet Comic Talk Review

A Brubaker-Epting Presentation…

Velvet est donc un titre qu’il convient de découvrir par soi-même. Mais on peut néanmoins aussi révéler ici qu’il s’agit d’une production Brubaker-esque typique. Comprenez qu’on y retrouve la propension du scénariste à mêler avec succès des partis-pris narratifs à priori inconciliables.

Il avait déjà réussi sur Captain America justement, en ramenant Cap vers ses origines de super-héros tout en gardant le côté soldat du personnage qui avait été mis en exergue dans le volume précédent de la série (par John Ney Rieber puis Chuck Austen). Idem pour Daredevil, que Brubaker avait rapproché de son côté super-héros sans abandonner l’ambiance polar noir instaurée par Brian Michael Bendis.

Ici l’ambition avouée du scénariste était de se placer à mi-chemin entre l’espionnage réaliste (comme dans la série tv MI-5 ou les comics Queen & Country de Greg Rucka) et l’action/aventure spectaculaire de James Bond ou Mission : Impossible. Et il réussit parfaitement, laissant suffisamment de place à l’action et au glamour inhérent à l’espionnage dans la fiction, tout en créant un univers suffisamment complexe et sobre pour lui donner de la crédibilité. Deux aspects qui se renforcent mutuellement.

Au dessin Steve Epting aussi fait dans le classique, ce qui devient vite synonyme de brillant vu son talent. C’est beau, sobre et remarquablement détaillé et tout de même spectaculaire. Bref le complément parfait de l’écriture de Brubaker. La narration, très cinématographique est remarquable en tous points, faisant ressentir à chaque case l’émotion et la tension. Et les couleurs transcendent le tout.

Velvet Comic Talk Review

BILAN : Velvet #1 est un premier numéro exemplaire. Il lance parfaitement la série, mettant en place une intrigue alléchante et nous dévoilant une héroïne intéressante, tout en ayant assez de qualités en lui-même pour être plus qu’une simple introduction. Ed Brubaker gère parfaitement son rythme, et réussit son pari de situer le récit entre réalisme et action/aventure. Steve Epting est quant à lui aussi brillant que d’habitude.

Note : 5/5

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