We Stand On Guard #1, la review

We Stand On Guard Comic Talk

Jeffzewanderer Par

« Oh Canada, we stand on guard for thee ». C’est cette partie du refrain de l’hymne nationale du pays à la feuille d’érable qui donne son nom à la nouvelle série Image de Brian Vaughan et surtout qui marque le retour du génial canadien Steve Skroce dans le monde des comics. Un retour qui n’est peut-être pas aussi spectaculaire qu’on aurait pu croire pour l’artiste, mais qui reste très réussi.

What if it was us ?

Le pitch de We Stand On Guard a le mérite d’être atypique : Les USA ont déclaré la guerre au Canada et l’ont gagnée (ou en tous cas sont en train de bien botter les fesses à leurs voisins du Nord). On suit donc une petite bande de résistants, les Two-Four, et Amber, fillette lors de l’attaque initiale qui est désormais une rebelle elle aussi et sert de « porte d’entrée » au lecteur.

Le moins qu’on puisse dire c’est qu’à part pour le pitch (et encore… Surtout parce que c’est le Canada) We Stand On Guard n’est pas un monument d’originalité. Mais c’est peut-être mieux. Contrairement à Saga, où il avait tendance à partir dans des délires qui pouvaient lasser, Vaughan est ici un modèle d’efficacité narrative. La patte y perd mais le plaisir de lecture y gagne à mon (pas si) humble avis.

Le scénariste se permet quand même quelques gimmicks typiques de son style, comme cette longue tirade expliquant que Superman est en fait Canadien. Et en fin de compte c’est rigolo même si ça n’apporte pas grand-chose. Pour le reste c’est du blockbuster classique avec une bonne grosse scène d’action pour permettre à Skroce de bien se régaler (on y reviendra) et deux-trois one-liners sympas. En tant que français, on appréciera les efforts de l’auteur pour inclure un personnage francophone et lui faire parler un français correct (malgré une coquille). Bon par contre les non francophones pourraient vite être lassés, mais ce n’est pas notre problème.

We Stand On Guard Comic Talk

C’est difficile à manquer

We Stand On Guard n’est donc pas forcément le comic à conseiller à qui voudrait lire du Brian Vaughan, tant l’auteur adopte un style « neutre ». Par contre il est à ne pas manquer pour les fans de Steve Skroce. Le dessinateur revient en très grande forme, et il est intéressant de voir combien son travail pour le cinéma, notamment avec les Wachowski, l’a fait évoluer.

Etonnamment ce n’est pas vraiment en termes de narration que son dessin a changé. On reconnaît le dynamisme qui faisait tout le charme des ses comics précédents. Peut-être est-il un peu plus sobre que sur ses dernières œuvres (Wolverine : Blood Debt et l’inconnu mais bientôt réédité et surtout excellent Doc Frankenstein). Mais ça envoie du lourd quand même si vous me permettez l’expression, ainsi qu’en atteste la grande bataille contre un ersatz d’AT-AT. Et peut-être cette impression de sobriété est-elle plus due à l’évolution du trait qu’à celle du story-telling.

Car le trait de Skroce s’est fait plus régulier, moins « ondulé ». Les yeux si particuliers (parfois limite globuleux) de ses personnages sont toujours là, mais l’effet est atténué. Globalement le coup de crayon parait plus léger, plus proche du crayon justement, que du pinceau qu’il pouvait évoquer auparavant. On remarquera aussi la parenté visuelle entre les designs des machines et des costumes et ce qu’on a pu voir dans les derniers films des Wachowski sur lesquels l’artiste a travaillé (à commencer par Jupiter Ascending, et ce même si Skroce était story-boarder et pas designer…).

Bref du point de vue visuel c’est une réussite totale et on s’attache bien vite aux personnages malgré leur apparence finalement très sobre. Les décors sont aussi très bien employés, au sens où ils sont représentés quand leur présence renforce la narration, mais leur absence est toujours judicieuse pour ne pas surcharger la page. C’est si naturel qu’on n’y fait pas attention, et on finit la lecture avec l’impression d’avoir lu quelque chose d’aussi détaillé que ce que Brian Hitch aurait pu faire.

Saluons enfin les couleurs du constamment brillant Matt Hollingsworth, dont les teintes glaciales font à la fois ressortir la froideur du grand nord et celle des machines qui traquent nos héros.

We Stand On Guard Comic Talk

LE BILAN : Fans de Brian K. Vaughan, vous risquez d’être déçu tant le scénariste donne dans le registre du blockbuster efficace, plutôt que dans son registre habituel. Mais si comme moi ses tics d’écriture vous agacent, ça ne devrait pas poser de problème. Et ça reste bien fait à défaut d’être très personnel. Par contre si vous attendiez le retour de Steve Skroce, vous devriez largement y trouver votre compte, à condition d’accepter qu’il n’est plus tout à fait le même artiste qu’avant, un peu comme Joe Madureira pour citer un autre « grand ancien » récemment revenu (et sans le temps de « réajustement » dont Joe Mad a eu besoin d’ailleurs…). Une série Image de plus à suivre donc !

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One Response to We Stand On Guard #1, la review

  1. jb dit :

    Pas très fan du dessin. Un peu le style a bosser chez Avatar…

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