Witchblade #170, la review

Witchblade Comic Talk Review

Jeffzewanderer Par

« Guess who’s back, back again ? ». Non, pas le blondinet peroxydé de Detroit, mais plutôt Ron Marz, le scénariste qui officia plusieurs années sur Witchblade, jusqu’au #150, écrivant sans doute le meilleur run de l’histoire de la série. Et même pas vingt numéros plus tard, le voilà de retour pour ce Witchblade #170, accompagné de Laura Braga au dessin. Bonne nouvelle ? Assurément. Mais pas seulement.

Back In Business

De prime abord ce come-back est une excellente chose. Déjà à cause du glorieux (et récent) passé de Marz sur le titre. Comment en effet ne pas se réjouir de retrouver un auteur qu’on a eu tant de plaisir à lire ? Surtout que même à la fin, son run ne montrait pas de signe d’essoufflement. Il était parti en pleine gloire.

Et force est de constater qu’il poursuit sur sa lancée. Dès le début de ce numéro on retrouve tout ce qui faisait la qualité de son travail sur Witchblade. Ainsi le mélange entre enquête policière, surnaturel tendance horreur, et les tourments de Sara Pezzini, est toujours aussi bien dosé.

L’héroïne se retrouve à enquêter sur une série de meurtres étranges où le tueur, non content de crucifier ses victimes, les décapite aussi. A cette macabre mise en scène s’ajoute le trouble de Sara. A cause de sa fille disparue suite au bouleversement de l’univers Top Cow à la fin de la mini-série Artifacts, dont elle s’est brutalement et récemment rappelé l’existence  à l’issue du crossover Progeny (Artifacts #25-26). Mais aussi à cause de ces étranges rêves où elle se voit tuer Jackie Estacado aka le Darkness, père de l’enfant et architecte du nouvel univers. Et elle n’a même plus la Witchblade pour l’aider. Hein ? Pardon ?

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Don’t Call It A Comeback

Et oui, dès sa première apparition du numéro, on peut s’apercevoir que Sara n’a plus son célèbre gantelet magique au bras. Du moins on s’en apercevrait si on n’était pas encore plus interpellé par son uniforme de sheriff du comté de Saratoga, dans l’état de New York. Car le lecteur de la série se souviendra qu’au numéro précédent, miss Pezzinni était encore détective privé à Chicago (suite à sa démission de la police de New York), et venait de trouver ses marques dans la Windy City.

La voilà donc bombardée sheriff, et ce n’est ni un flashback ni un rêve apparemment. Des flashbacks il y en a, pour nous raconter comment elle a perdu la Witchblade. Flashbacks se déroulant d’ailleurs… à New York (et dans le New Jersey), 2 ans plus tôt ! En clair, à la lecture de ce numéro, on a clairement l’impression que Ron Marz a décidé de totalement faire l’impasse sur les 19 numéros du duo Tim Seeley/Diego Bernard.

Des évènements de cette période, il ne garde que le fait que Sara sait qu’Estacado a refait le monde et qu’elle y a perdu sa fille (passage dont il était d’ailleurs l’auteur, via Progeny). Ce qui, en passant, confirme que ce #170 ne s’intercale pas entre les #150 et 151. On a bien en recap page une mention de la période chicagoane de Sara, permettant de supposer qu’« officiellement » celle-ci a bien eu lieu (et que le crochet de Sara par le New Jersey s’est déroulé après). Mais Marz semble bel et bien vouloir occulter tout ce qui n’est pas de lui.

Etrange parti pris que celui du scénariste, d’autant plus que le run de Seeley et Bernard était loin d’être une infamie. C’est même limite insultant pour ses prédécesseurs, qui s’étaient efforcés de développer un statu quo, un supporting cast et une nouvelle attitude pour Sara. Et il est aussi difficile de comprendre pourquoi Top Cow a laissé faire ça.

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LE BILAN : Que faut-il retenir de ce numéro ? Ron Marz qui balance une pierre format king-size dans le jardin de ses prédécesseurs en ignorant superbement leur run ? Ou plutôt la qualité d’une histoire rondement menée, avec un cliffhanger qui vous prend aux tripes, assez de mystère pour susciter l’intérêt, et de réponses pour ne pas frustrer ? Le tout étant en plus très bien dessiné par Laura Braga, sur le talent de laquelle je n’ai pas eu le loisir de m’étendre pour éviter que cette review devienne un pavé indigeste. Vous l’aurez deviné, je penche pour la seconde option. Mais la mauvaise manière de Marz devait être soulignée.

LA NOTE : 4/5

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