X-Men : Apocalypse, la critique

X-Men Apocalypse Comic Talk

Jeffzewanderer Par

CRITIQUE GARANTIE 100% SANS SPOILER

(pas même ceux balancés dans la dernière bande-annonce ou les photos promos)

Quatrième film X-Men réalisé par Bryan Singer, troisième de la série de reboot débutée par First Class, premier film inscrit dans la continuité post-Days Of Future Past, la place du tout nouveau X-Men : Apocalypse aux côtés des autres films de la saga n’est pas forcément aisée à appréhender. On se croirait revenu au temps des années 90 et des histoires alambiquées mais pourtant si populaire des comics X-Men de l’époque. Et ce n’est pas le seul point commun entre le film et cette période.

Survival of the fittest

Comme son titre l’indique, et comme annoncé dès la fin du précédent opus, X-Men : Apocalypse voit les joyeux mutants de Marvel affronter l’immortel En Sabah Nur (Oscar Isaac), premier mutant tout puissant escorté de ses quatre cavaliers. Et on tient là à peu près toute l’intrigue du film. Amateurs de scénarios complexes et d’histoires à tiroir, passez votre chemin. On pourrait même aller jusqu’à dire que ce film X-Men est le plus « bas du front » de la saga. Mais ce n’est pas forcément rédhibitoire. Au contraire, le film a même une certaine fraîcheur qui n’est pas déplaisante. Pour ne parler que derniers films, First Class était plus fouillé grâce à son côté uchronique, Days Of Future Past plus riche pour ce qu’il apportait à la saga, Apocalypse est le divertissement le plus pur.

Et c’est dès ce constat que la comparaison avec les comics X-Men des années 90 devient pertinente. On a beau nous répéter que le film se déroule dans les années 80, c’est bien l’esprit de péripéties mutantes de la décennie suivante qu’on y retrouve. Apocalypse, méchant à la motivation primaire (les faibles dominent le monde, exterminons tout ça pour en créer un autre où les forts s’affirmeront) est un excellent prétexte pour une histoire qui cherche toujours l’épique, le grandiose, quitte à donner dans le grandiloquent. Mais globalement cette quête aboutit, et ce que le film perd en réalisme et en sobriété, il le gagne en spectacle. Hélas cela se fait aussi parfois au prix de raccourcis ou des coïncidences saisissantes.

Le traitement des personnages obéit à la même logique. Les dilemmes moraux sont réduits à leur plus simple expression, et le jeu des acteurs fait parfois un peu exagéré. Le jusque-là très sobre Magneto incarné par Michael Fassbender en est l’exemple le plus parlant. Ses hésitations et revirements moraux lorgnent fortement du côté du cliché, et l’acteur en fait des tonnes par moment. Mais là encore comment ne pas voir un parallèle avec les monologues internes parfois pompeux qui rythmaient les comics estampillés 90s ? Ou avec les bouleversement psychologiques parfois simplistes de ces mêmes histories ?

X-Men Apocalypse Comic Talk

Let’s go bub !

Pourtant, malgré tous ces défauts « objectifs », et peut-être aussi grâce à eux, X-Men : Apocalypse s’avère être un bonbon particulièrement jouissif à savourer. Parce qu’il nous permet de redécouvrir à l’écran des personnages bien aimés comme Jean Grey, Cyclops, Nightcrawler ou Storm, tout en retrouvant des révélations des précédents opus comme Quicksilver ou la Mystique campée par Jennifer Lawrence. La plupart de ces personnages bénéficient de cette seconde jeunesse, surtout les oubliés des anciens films comme Cyclops ou Nightcrawler, qui sont ici bien plus en valeur. On en oublie leur nouveau statut de teenagers, et on se réjouit des les voir vraiment en lumière. La jeune Jean Grey de Sophie Turner, si elle est loin de la plastique pulpeuse de l’originale de papier, en retrouve par contre l’esprit. Bien plus que Famke Jansen n’a jamais su le faire, malgré les mérites de son interprétation.

Des nouveaux comme une Psylocke certes peu fouillée mais divinement bad ass, ou un Angel réinventé sauce euro-trash, viennent eux aussi apporter un véritable plus.

La mise en avant de Mystique en tant qu’héroïne, sûrement dictée par la starification récente de Jennifer Lawrence, donne un résultat loin d’être déplaisant, et ne choque pas dans la logique de la saga cinématographique. Et si ce point est très éloigné des comics, on retrouve par contre une multitude de petits clins d’oeils par ailleurs, qu’il s’agisse de costumes, d’interaction entre les personnage, ou de cette scène qu’on ne saurait dévoiler sans gâcher un des moments les plus jouissifs du film. Les scènes d’action sont globalement réussies, et le seul reproche à ce sujet sera un recyclage (dans la forme) du money shot emblématique de Days Of Future Past.

On appréciera aussi un certain effort dans la gestion des pouvoirs d’Apocalypse, à la fois tout-puissant, mais pas au point de lui ôter toute limite. Bon, ça sent aussi (souvent) la facilité, mais il y a quand même une raison à sa puissance. De même le final a des airs de deus ex machina, mais s’avère aussi être un tel plaisir de fan qu’on pourrait (presque) le lui pardonner.

X-Men Apocalypse Comic Talk

LE BILAN : En tant qu’objet cinématographique, X-Men : Apocalypse est sans doute l’un des opus les plus faibles de la saga. Son intrigue simplette se limitant à un affrontement frontal avec un méchant dénué de toute subtilité ne plaide pas en sa faveur. Mais mon dieu que ce film est une lettre d’amour vibrante aux comics X-Men des années 90. Par cette même intrigue simplette, par son roster de personnages, leur traitement emphatique, l’action débridée, l’esthétique, la mise en scène… S’il lui manque la subtilité des meilleurs opus précédents, il compense largement cela en nous offrant un spectacle jamais vu dans la saga. C’est l’Avengers des films X-Men, c’est un X-Men 3 The Last Stand réussi. Après avoir épuré l’univers X-Men au début des années 2000 pour le rendre réaliste et compatible avec le cinéma, Bryan Singer surfe cette fois pleinement sur la légitimité des films de super-héros en tant que tels et nous offre une version débridée des mutants. Le résultat est un plaisir peut-être un peu coupable, mais tellement jouissif pour les nostalgiques des X-Men d’il y a 20 ans.

3 Responses to X-Men : Apocalypse, la critique

  1. Nicolas Jean dit :

    Waouw, je te trouve particulièrement complaisant avec ce film, je partage très souvent ton avis, mais alors pas du tout. Je suis ressorti de la séance en me disant:  » mouais il est bof bof  » mais au final plus j’en parle plus je le trouve mauvais.
    Je vais essayer de ne rien spoiler mais pour résumé brièvement ma pensée, la majorité des nouveaux personnages ne sont pas approndies, ils sont soit du côté de Charles, soit du côté d’ Apocalypse, il n’y aucune originalité dans les mouvements de caméra et donc par là-même aucun souffle épique dans les combats. Singer ne sait pas filmer les scènes d’actions, aucune originalité dans les combats, l’utilisation des pouvoirs…. ( en comparaison avec Civil War sorti 2 semaines avant, ça fait peur la différence de niveau artistique )
    bref je ne m’attarderais pas plus, je suis vraiment très déçu par ce film.
    Là où ça devient comique, c’est qu’il fait dire à Jean Grey que les 3ème films sont tjrs les plus mauvais ( en référence à celui de Ratner ), mais il aurait dû se retenir de la faire, car c’est nettement le plus mauvais de cette nouvelle trilogie.

    • Jeffzewanderer Jeffzewanderer dit :

      Je comprends ce que tu veux dire, et en un sens je ne peux pas te donner tort. L’attrait que j’ai ressenti pour ce film est vraiment irrationnel et vient de ma nostalgie des comics x-men des 90s auxquels je reproche finalement ce que tu reproches au film (mois le truc sur les scènes d’action, où je reconnais que c’est pas le fort de Singer, même si je serai plus indulgent que toi dans l’absolu), mais que j’adore quand même. ‘st ce que j’ai essayer de faire passer dans cette critique, où j’ai essayé de ne pas occulter les défauts. Peut-être qu’une seconde vision me sortirait de cette bulle, je sais pas…

      • Nicolas Jean dit :

        Moi je suis pas objectif sur Civil War tellement j’ai aimé, donc je te comprends, mais il n’en reste pas moins que ce X-MEN est raté pour moi, je n’ai ressenti aucune magie, et pourtant je suis un grand fan des années 90 puisque j’ai commencé par là.

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