X-Men : No More Humans, la review

X-Men No More Humans Comic Talk Review

Jeffzewanderer Par

Après Avengers : Endless Wartime et Spider-Man Family Business, le troisième Original Graphic Novel de la Maison des Idées arrive. X-Men : No More Humans est, comme ses prédécesseurs réalisé par une équipe quatre étoiles : Mike Carey au scénario et Salvador Larroca au dessin. Et si la qualité est incontestablement au rendez-vous, ce très bon comic a quand même un petit arrière goût d’occasion manquée…

So who gets to be the X-Men today ?

Le pitch de No More Humans tient dans son titre : un beau jour toute la population humaine de la Terre disparaît. Comme ça, d’un coup. Et c’est donc aux X-Men de trouver le responsable et de régler le problème. A tous les X-Men, qu’il s’agisse du camp de Wolverine, de celui de Cyclops, et même de Magneto, qui faisait jusque là cavalier seul depuis son départ d’Uncanny X-Men.

Comme les deux autres graphic novels de la série, No More Humans s’inscrit dans la continuité officielle, mais contrairement à eux il semble vraiment avant tout destiné aux lecteurs des séries régulières. Les rosters sont donc ceux des diverses séries X-Men, l’état des relations entre les équipes est au cœur du récit, et avoir lu Battle Of The Atom ne fait pas de mal pour cerner qui est Raze, le principal vilain, au sujet duquel on ne se perd pas en explications.

Mike Carey a donc un casting pléthorique à gérer, et de ce côté il s’en sort parfaitement. Il arrive à rassembler une équipe cohérente mêlant les membres des camps de Wolvie et Cyclops (Storm, Beast, Jean Grey, Emma Frost, Magneto…)pour lui donner le rôle principal, et il n’oublie pas de donner des rôles plus ou moins importants aux autres mutants, leur permettant d’exister. Pour certains ça tient certes du cameo (Scarlet Witch…) mais la plupart apportent réellement leur écot (Rachel Grey, Tempus…) ou au moins ont droit à leur petite case de gloire (Kid Gladiator, Psylocke…).

X-Men No More Humans Comic Talk Review

The whole human race erased from existence…?

La plus grande force de l’écriture de Mike Carey dans ce volume est donc sa gestion des personnages. Leur écriture sonne très juste, et les relations entre eux parfaitement mises en scène. Il ne révolutionne rien, mais s’inscrit parfaitement dans le statu quo actuel. L’hostilité entre Wolverine et Cyclops, toute l’ambiguïté morale de ce dernier, mais aussi celle d’un Magneto pas si réformé que ça. Et Jean Grey est vraiment mise à l’honneur dans ce récit.

Un autre aspect très intéressant du récit, et qui est l’une des marques de l’écriture du scénariste, est la manière très réaliste dont il envisage et gère les pouvoirs des divers mutants et les conséquences de la disparition de toute la population humaine. Ce genre de petites touches apporte souvent une vraie profondeur au récit, et elles s’avèrent souvent intéressantes sans tomber dans le travers de la sur-explication.

Plus globalement, grâce à ces deux éléments, le scénariste arrive bien à nous faire ressentir l’ampleur du récit, sa dimension dramatique. Le dessin est aussi très réussi, Sal Larroca livrant une prestation remarquable. Le côté parfois un peu trop aseptisé de son trait disparaît ici, et on sent un vrai travail au niveau des mises en pages pour donner un côté très cinématographique à l’ensemble. Le trait est parfois un peu plus grossier sur la fin, mais ce ne sont que des détails ponctuels.

X-Men No More Humans Comic Talk Review

Then we all go back to our corners, don’t we ?

En fait le seul problème de No More Humans, qui m’a fait parler d’occasion manquée, est lié à son pitch. Ou plus précisément à ses conséquences. En effet, vu que l’histoire s’inscrit dans la continuité je ne pense pas donner dans le spoiler en vous révélant qu’à la fin la Terre ne reste pas uniquement peuplée de Mutants. Mais pour résoudre ça, en un volume qui plus est, il est difficile de ne pas tomber dans le piège du deus ex machina.

Mike Carey en semble même éminemment conscient, et fait un effort pour y remédier. Mais il n’y réussit pas vraiment, ne parvenant qu’à remplacer le deus ex machina qu’on attend par un autre, certes qui n’est pas annoncé depuis le début mais qui consiste quand même à tout résoudre d’un claquement de doigt. Ça donne bien un character moment sympa, mais l’intensité du récit en pâtit quand même.

X-Men No More Humans Comic Talk Review

Globalement d’ailleurs, et malgré toutes ses qualités, ce graphic novel fait un peu coup d’épée dans l’eau. Ça avait tout pour être épique et marquer les personnages, mais au final une fois à la dernière page on se rend compte que rien n’a changé. On va juste prendre les mêmes et recommencer. Mike Carey en semble d’ailleurs conscient, là encore, et s’efforce de tirer parti de cela pour créer une atmosphère, donner un côté mélancolique à sa fin. Mais là encore ça ne marche pas vraiment. De même les scènes de combat (rares mais cool) manquent hélas d’enjeu. C’est plus à coup de dialogues que tout se règle. Un peu trop peut-être. Et  les vilains auraient gagné à être un peu plus développés, qu’il s’agisse de Raze ou surtout du scientifique dont l’invention est au cœur du récit.

LE BILAN : Revoir Mike Carey écrire les X-Men est un plaisir, et il n’a pas perdu la main en ce qui concerne les héros. Les touches de réalisme dans la gestion des pouvoirs comme dans celle des conséquences du pitch, lui-même intéressant, apportent beaucoup à l’ensemble et lui donnent un souffle épique. Mais la fin de l’histoire tombe hélas un peu à plat malgré les efforts du scénariste, la faute notamment à un deus ex machina qu’un bon character moment ne suffit pas à camoufler. Ça aurait pu être grand, ce n’est que sympa. Une occasion manquée donc…

LA NOTE : 3,5/5

X-Men No More Humans Comic Talk Review

One Response to X-Men : No More Humans, la review

  1. Eddyvanleffe dit :

    Larocca sur un Graphic novel…Jésuite! Il dépend beaucoup de la colorisation.

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