Zack Snyder’s Justice League, la critique

Justice League Zach Snyder Comic Talk

Jeffzewanderer Par

Ça y est, la mythique Snyder Cut de Justice League (Zack Snyder’s Justice League exactement) est sortie. Que donne donc cette nouvelle version du film, cette fois façonnée par son auteur original plutôt que bricolée par un Joss Whedon parachuté à la dernière minute et des producteurs soucieux de copier les succès du moment ?

Et bien c’est vachement mieux. Déjà c’est beaucoup plus cohérent en terme de ton, que ce soit par rapport aux deux opus précédents de Snyder (Man Of Steel et Batman vs Superman) mais même en soi. Exit les blagounettes forcées pour copier Guardians Of The Galaxy et autres productions Marvel (en voyant cette Snyder cut j’ai pris toute la mesure du caractère artificiel et maladroit des ajouts Whedoniens). Le film n’est pas en soi sombre mais plutôt est sobre, solennel même. Un parti pris assumé et fort réussi.

Le scénario, qui n’a pas à tenir en 2h chrono, parait aussi plus cohérent. Attention, il est strictement identique à la version ciné qu’on connaît, mais tout est mieux montré/expliqué, ce qui est donc finalement plus satisfaisant. On a aussi beaucoup plus le sentiment que Snyder avait un plan de long terme, dont Justice League n’était qu’une étape de plus.

Certains personnages sont nettement plus travaillés, notamment Flash (Ezra Miller) et Cyborg (Ray Fisher), cette fois dotés d’un vrai rôle et d’une personnalité. Même Steppenwolf a un embryon de ce qui pourrait passer pour une personnalité. Enfin une motivation autre qu’être méchant quoi (par contre Darkseid n’apporte pas grand-chose à part le petit plaisir de le voir, tel un Thanos qu’on nous teasait film après fims). Pour le reste du casting (Batman – Ben Affleck, Wonder Woman – Gal Gadot, Aquaman – Jason Momoa, Superman – Henri Cavill) pas de réels changements, mais il n’y en avait pas vraiment besoin non plus.

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Bon, attention, l’œuvre n’est pas exempte de tout reproche non plus. Déjà 4h c’est trop long, et pas seulement parce que ce n’est pas pratique de bloquer tout ce temps pour mater le film sans coupure. Il y a plusieurs scènes, heureusement très courtes à chaque fois, qui sont franchement inutiles. D’autres sont incontestablement à garder mais gagneraient à être largement rabotées (pas la scène finale par contre, qui gagne grandement en impact dans cette nouvelle version plus longue). Disons grosso modo qu’il y a vraiment la matière pour 2h30-3h de film, pas 4.

Plus globalement, et au-delà de la durée même, le film souffre d’un problème de rythme, avec un début très très poussif (malgré quelques belles choses). Ça s’améliore toutefois au fur et à mesure. L’épilogue est interminable, mais là c’est surtout dû au fait que Snyder se fait plaisir en nous teasant tout ce qu’on aurait dû avoir mais dont on sera privés. Comme ce sera sa seule occasion de nous montrer tout ça, on lui pardonne volontiers.

La réalisation est Snyderienne en diable, avec tellement de ralentis que vous risquez de vous demander si ce n’est pas votre lecteur qui rame. Je me dis que rien qu’en  mettant tout ça en vitesse normale on passerait à 3h30 de film. C’est souvent gratuit, parfois agaçant, mais aussi à l’occasion très beau et réussi, et surtout toujours remarquablement lisible. Pour les couleurs et le grain de l’image, on peut ne pas adhérer à la direction artistique, mais on ne peut pas nier qu’il y a une vraie patte. Par contre le choix du format 4/3 est totalement artificiel. Il ne gène pas mais n’apporte absolument rien.

Justice League Zach Snyder Comic Talk

Sous ses airs d’ovni culte avant même sa sortie (par son histoire, son format…) Zack Snyder’s Justice League avant tout un bon film. On peut même dire qu’il a suffisamment de cachet pur être qualifié d’œuvre d’auteur. Et surtout, redisons-le, il est nettement meilleur que la version cinéma, dont il a tous les bons côtés, sublimés. Il n’est cependant pas non plus un monument du cinéma. Trop long, pas très bien rythmé et avec une réalisation un brin tape à l’œil, il aurait paradoxalement sans doute gagné à être un peu plus « encadré », à ce qu’on laisse juste un peu moins la bride sur le cou à son réalisateur qui, tout à son enthousiasme, se laisse parfois un peu trop aller à ses péchés mignons.

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